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Assainissement non conforme : quels risques sanitaires dans l’habitat ?

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Un assainissement non conforme laisse des eaux usées mal traitées s’infiltrer dans le sol, stagner près de l’habitation ou refluer dans les canalisations. Les conséquences sont directes pour l’hygiène du logement : odeurs persistantes, remontées dans les sanitaires, prolifération d’insectes, contamination possible des eaux de surface. En France, environ 5 millions d’installations d’assainissement non collectif concernent 15 à 20 % de la population selon le ministère de la Transition écologique. Leur état conditionne la salubrité quotidienne de ces foyers.

L’essentiel

  • 63 % des installations contrôlées étaient conformes en 2024, contre 54 % en 2013 (moyenne nationale Sispea).
  • Le contrôle relève du SPANC, le service public d’assainissement non collectif : 2 148 services recensés en 2024.
  • En cas de risque sanitaire ou environnemental avéré, les travaux sont à réaliser sous 4 ans.
  • Ce délai tombe à 1 an après la signature de l’acte de vente d’un logement.
  • La vidange devient obligatoire quand les boues occupent 50 % du volume utile de stockage (30 % pour la plupart des micro-stations agréées).

Ce que révèlent les contrôles réalisés en France

Le rapport national Sispea 2024, publié par l’Office français de la biodiversité, fixe le taux moyen de conformité des dispositifs d’assainissement non collectif contrôlés à 63 %. La valeur est calculée à partir de 1 290 services ayant renseigné l’indicateur, sur 2 148 SPANC recensés. Près de quatre installations contrôlées sur dix présentent donc encore un écart aux prescriptions réglementaires.

La tendance reste favorable : le même indicateur s’établissait à 54 % en 2013, année de sa mise en place sous sa forme actuelle. La taille du service joue également. Le taux moyen de conformité atteint 57 % pour les services desservant moins de 1 000 habitants, contre 64 % pour ceux de plus de 5 000 habitants, où les campagnes de contrôle sont plus anciennes et mieux outillées.

Comment se déroule un contrôle d’assainissement

Le contrôle d’assainissement est réalisé par le SPANC de la commune ou de l’intercommunalité. L’agent vérifie l’existence de l’installation, son implantation, son état de fonctionnement et son entretien, puis remet un rapport de visite qui conclut ou non à la conformité. Le rapport hiérarchise les points à corriger, ce qui permet de distinguer une simple opération d’entretien d’un chantier de réhabilitation.

Deux familles de constats reviennent régulièrement. Le défaut d’entretien se règle par une vidange ou un curage, sans travaux. Le défaut structurel, lui, engage des frais nettement plus élevés : filtre à sable colmaté, cuve fissurée, absence de dispositif de traitement en aval de la fosse. Un exemple courant en zone rurale : une fosse ancienne qui rejette directement dans un fossé, sans épandage ni filtre en aval, est classée non conforme avec risque environnemental avéré.

Vente d’un logement : les délais à respecter

À l’issue du contrôle, un risque sanitaire ou environnemental avéré oblige le propriétaire à réaliser les travaux dans un délai de 4 ans, selon le guide d’information aux usagers publié par le portail interministériel de l’assainissement non collectif. Ce délai est ramené à 1 an en cas de vente ou d’acquisition.

Pour une vente, le diagnostic doit dater de moins de 3 ans au moment de la signature de l’acte authentique, comme le rappelle la fiche pratique diagnostic immobilier assainissement des eaux usées de Service Public. Le vendeur qui choisit de ne pas engager les travaux doit en informer l’acquéreur, qui reprend alors l’obligation à son compte. Dans la pratique, le montant estimé des travaux devient un point de négociation du prix.

Les non-conformités les plus fréquentes et ce qu’elles impliquent

Constat au contrôleExemple concretCe que cela implique
Défaut d’entretienBoues au-delà de 50 % du volume utile de la fosseVidange par une personne agréée par le préfet, aucun travaux
Installation incomplèteFosse sans dispositif de traitement en avalMise en conformité, délai de 4 ans si risque avéré
Défaut structurelFiltre à sable colmaté, cuve fissuréeRéhabilitation partielle ou complète de la filière
Absence d’installationRejet direct des eaux usées au fosséNon-conformité avec danger sanitaire, travaux prioritaires
Défaut d’accessibilitéRegards enterrés ou recouverts par une terrasseContrôle impossible à conclure, remise en état des accès

Entretien courant : ce qui préserve la conformité

Une fosse toutes eaux fonctionne grâce à une digestion bactérienne des matières organiques. La fréquence de vidange dépend du volume de stockage et du type de filière : le guide ministériel fixe le seuil de déclenchement à 50 % du volume utile pour les dispositifs traditionnels, et à 30 % pour la plupart des micro-stations et filières agréées. Ce n’est donc pas le calendrier qui commande, mais la hauteur réelle des boues mesurée dans le compartiment.

Le même guide liste les produits à ne jamais rejeter dans l’installation : huiles et graisses de friture, peintures et solvants, cires et résines, produits pétroliers, pesticides, produits étiquetés toxiques, ainsi que les déchets difficilement dégradables comme les mégots et les protections féminines. Un lave-linge raccordé sur la filière suppose aussi de doser les détergents, un excès de désinfectants perturbant la flore bactérienne qui assure le prétraitement.

Deux réflexes concrets limitent les mauvaises surprises au contrôle suivant : garder les regards accessibles, y compris après des travaux d’aménagement extérieur, et conserver les factures de vidange. L’agent du SPANC s’appuie sur ces justificatifs pour attester du suivi de l’installation.

Questions fréquentes

Un assainissement non conforme empêche-t-il de vendre une maison ?

Non. La vente reste possible avec une installation non conforme, à condition que le rapport de contrôle de moins de 3 ans soit remis à l’acquéreur. C’est ce dernier qui doit alors réaliser les travaux dans l’année qui suit la signature de l’acte authentique.

Qui paie le contrôle d’assainissement ?

Le contrôle est financé par une redevance versée au SPANC par l’usager. Son montant est fixé par la collectivité et figure dans le règlement de service, consultable en mairie.

À quelle fréquence l’installation est-elle contrôlée ?

L’arrêté du 27 avril 2012 fixe une fréquence de contrôle périodique n’excédant pas dix ans, chaque commune précisant l’intervalle retenu dans son règlement de service. Les installations présentant un danger sanitaire ou un risque avéré de pollution peuvent être contrôlées plus souvent, tant que la situation perdure. La visite est annoncée au propriétaire au moins sept jours ouvrés à l’avance.

Sources

  • Ministère de la Transition écologique, page Assainissement : https://www.ecologie.gouv.fr/politiques-publiques/assainissement
  • Office français de la biodiversité, Panorama des services d’eau et d’assainissement, rapport national Sispea 2024 (indicateur P301.3) : https://www.services.eaufrance.fr/rapport-national
  • Service Public, fiche F31685 Diagnostic immobilier : assainissement des eaux usées, vérifiée le 26 février 2025
  • Portail interministériel de l’assainissement non collectif, Guide d’information à destination des usagers de l’assainissement non collectif
  • Arrêté du 27 avril 2012 relatif aux modalités de l’exécution de la mission de contrôle des installations d’assainissement non collectif, article 7

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