Dans les établissements professionnels, les protocoles de nettoyage sont souvent rigoureux. Les surfaces sont désinfectées, les sanitaires entretenus, les sols traités à intervalles réguliers. Pourtant, un vecteur de contamination majeur échappe à la quasi-totalité de ces protocoles : l’air. On nettoie ce qu’on voit, mais on respire ce qu’on ne voit pas. Et ce qu’on ne voit pas peut représenter un risque sanitaire bien réel pour les occupants d’un bâtiment, qu’il s’agisse de salariés, de clients ou de patients.
L’air intérieur, une dimension oubliée de l’hygiène des locaux
Selon l’ADEME, les Français passent en moyenne 85 % de leur temps dans des espaces clos. L’air que l’on y respire est pourtant loin d’être anodin. L’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) estime que la pollution de l’air intérieur est responsable de nombreuses pathologies respiratoires chroniques et représente un coût social considérable. Ce qui surprend souvent, c’est que les sources de cette pollution se trouvent en grande partie à l’intérieur des bâtiments eux-mêmes. Les composés organiques volatils (COV) émis par les produits d’entretien, les peintures, les mobiliers en aggloméré ou les colles de moquette se retrouvent en concentration parfois deux à cinq fois supérieure à celle mesurée en extérieur, selon les données de l’EPA américaine. Autrement dit, les produits utilisés pour nettoyer un espace peuvent eux-mêmes contribuer à dégrader la qualité de l’air que ses occupants respirent.
Les sources de pollution à prendre en compte dans un contexte professionnel
Dans un bureau, un hôtel, un cabinet médical ou tout établissement recevant du public, les sources de pollution aérienne sont multiples et souvent cumulatives. Les COV constituent la première catégorie : solvants, désinfectants, produits de bureau comme les imprimantes laser ou les marqueurs dégagent des substances volatiles en continu. Les particules fines et ultrafines forment la deuxième catégorie : elles proviennent des systèmes de ventilation mal entretenus, du trafic extérieur qui s’infiltre, ou des activités intérieures comme la cuisine en restauration. Les allergènes constituent la troisième catégorie souvent sous-estimée en milieu professionnel : acariens dans les moquettes et textiles, moisissures dans les zones humides, pollens en période de floraison. Enfin, les micro-organismes en suspension, bactéries et virus transmissibles par voie aérienne, ont démontré leur capacité à se propager dans les espaces fermés à circulation d’air limitée, comme l’ont rappelé les études menées pendant la période post-Covid.
Pourquoi le nettoyage seul ne suffit pas
Un protocole de nettoyage aussi rigoureux soit-il agit sur les surfaces. Il ne peut pas, par définition, traiter l’air ambiant. Une salle de réunion désinfectée reste exposée aux particules en suspension, aux COV dégagés par les matériaux environnants et aux micro-organismes transportés par les occupants successifs. Dans les lieux à fort passage comme les halls d’accueil, les salles d’attente ou les espaces de coworking, le renouvellement naturel de l’air par ventilation est souvent insuffisant pour maintenir une concentration en polluants dans des seuils acceptables. C’est précisément là qu’intervient la purification de l’air comme complément logique aux protocoles d’hygiène existants.
Les technologies de purification adaptées aux environnements professionnels
Toutes les solutions de purification ne se valent pas, et certaines sont inadaptées aux environnements professionnels à fort passage. Les filtres HEPA H13 représentent aujourd’hui le standard de référence : ils retiennent 99,95 % des particules de 0,3 micron, ce qui inclut une grande partie des bactéries et des spores fongiques. Associés à un filtre à charbon actif, ils prennent également en charge les COV et les odeurs persistantes. Les technologies UVC complètent ce dispositif en neutralisant les micro-organismes que les filtres physiques ne capturent pas. Des acteurs comme Eoleaf proposent des appareils combinant ces trois technologies dans une même unité.
Intégrer la purification de l’air dans une politique d’hygiène globale
L’approche la plus efficace consiste à traiter la qualité de l’air non pas comme un sujet à part, mais comme une composante à part entière du protocole d’hygiène de l’établissement. Cela implique d’identifier les zones à risque prioritaires, à savoir les espaces à fort passage, les salles de réunion confinées et les zones de travail sans fenêtre, de dimensionner les appareils en fonction du volume réel des pièces, et d’intégrer l’entretien des filtres dans le planning de maintenance général. Un purificateur mal entretenu ou sous-dimensionné offre une protection limitée et peut même devenir une source de contamination secondaire si ses filtres ne sont pas changés dans les délais recommandés.
La qualité de l’air intérieur n’est plus un sujet réservé aux établissements de santé. Dans un contexte où les exigences sanitaires des professionnels et du grand public ont évolué, intégrer ce paramètre dans une politique d’hygiène cohérente est devenu une question de responsabilité autant que d’image.
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