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Entretien des locaux : faut-il internaliser ou externaliser ?

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Recruter un agent d’entretien ou confier la propreté à un prestataire : la question revient à chaque renouvellement de budget, dans les mairies comme dans les PME. Elle se tranche rarement sur le seul montant du devis. Voici les critères qui font réellement la différence sur trois ans.

Le coût complet d’une équipe interne

Comparer un salaire chargé à une facture mensuelle fausse d’emblée l’arbitrage. Un poste internalisé, c’est aussi les congés à couvrir, l’absentéisme à absorber, la formation aux protocoles et au port des EPI, le stock de consommables à gérer, et l’investissement matériel : un chariot de lavage complet, un aspirateur filtration HEPA, une autolaveuse pour les grandes surfaces. À cela s’ajoute le temps d’encadrement, rarement compté : quelqu’un doit établir le plan de charge, contrôler la qualité, commander les produits et suivre les fiches de données de sécurité.

Le calcul honnête consiste à additionner ces postes sur une année pleine, puis à les diviser par le nombre d’heures réellement travaillées sur site. Le résultat surprend souvent, surtout sur les petits volumes horaires où le coût fixe se répartit mal. Un aspirateur professionnel et une monobrosse mobilisés deux heures par semaine restent des immobilisations à amortir, au même titre que le local de stockage qu’il faut leur réserver et sécuriser.

Ce que l’on achète en externalisant

Un prestataire ne vend pas des heures de ménage, il vend une obligation de résultat et une continuité. Concrètement : un remplacement assuré en cas d’arrêt, une responsabilité civile professionnelle, des agents formés aux protocoles de désinfection, et un matériel amorti sur plusieurs sites. Pour les établissements recevant du public, il apporte aussi une traçabilité : plan de nettoyage écrit, fréquences documentées, contrôles périodiques, qui devient précieuse le jour d’une inspection.

C’est particulièrement vrai pour le nettoyage des locaux publics et des collectivités, où les écoles, salles communales et établissements de santé imposent des cadences et des protocoles différents d’un bâtiment à l’autre, avec des interventions calées hors des heures d’ouverture au public.

Les cas où l’interne garde l’avantage

L’externalisation n’est pas une réponse universelle, et la présenter comme telle serait malhonnête. Trois situations justifient de garder la main : une présence continue nécessaire en journée, quand l’agent assure aussi de la logistique ou de l’accueil ; des locaux à accès très restreint, où l’habilitation d’un intervenant extérieur coûte plus cher que le service rendu ; et les structures qui disposent déjà d’une équipe stable, bien encadrée, avec un faible turnover, dans ce cas, changer de modèle détruit un capital de connaissance du bâtiment difficile à reconstituer.

Cinq questions pour trancher

  1. Quel est le volume horaire hebdomadaire ? En dessous de dix heures, l’internalisation se justifie rarement.
  2. Que se passe-t-il en cas d’absence ? Si la réponse est « les locaux ne sont pas nettoyés », le risque est déjà identifié.
  3. Les protocoles sont-ils écrits ? Sans plan de nettoyage documenté, ni l’interne ni l’externe ne seront pilotables.
  4. Qui commande et stocke les consommables ? Ce poste demande du temps et de la place, souvent sous-estimés.
  5. Le niveau d’exigence est-il réglementaire ou esthétique ? Un cabinet médical et un bureau administratif n’appellent pas le même dispositif.

Répondre à ces cinq questions par écrit prend une heure et évite un arbitrage pris sous la pression d’un départ ou d’un budget à boucler.

Un modèle mixte, souvent

Dans la pratique, beaucoup de structures arbitrent en combinant les deux : un agent interne pour l’entretien courant quotidien, et un prestataire pour les prestations techniques : vitrerie, remise en état des sols, désinfection approfondie, remise en état après travaux. Une entreprise de nettoyage intervenant sur ces opérations ponctuelles permet de conserver la souplesse de l’interne tout en accédant à du matériel et à des compétences qu’il serait déraisonnable d’acquérir pour trois interventions par an.

L’arbitrage se joue donc moins sur le prix affiché que sur la capacité à garantir un résultat constant, jour après jour, y compris quand l’organisation est sous tension.